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日志


11月11日

Mort pour...du vent.

 
La guerre 14-18 fût une épouvanable saignée qui sacrifiat toute une génération de jeunes hommes pour RIEN , vraiment rien car tout le monde avait perdu dans cette fichue guerre (d'ailleurs, est-ce qu'on gagne dans une guerre ?). Les officiers étaient, dans ces temps làs, des incompétents orgueuilleux; car, non seulement ils étaient nuls en matière de stratégie militaire, mais, en plus, totalement imbus de leur personne.
 
 
 
C'était l'âge d'or du paternalisme exacerbé par une société très patriarcale; société où l'on obéissait sans broncher à tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à une figure paternelle. Bien sûr , une telle configuration laissait la place ouverte à tous les abus. Car, que pouvait bien représenter la vie d'un homme pour des types comme le tristement célèbre général Nivel ?
 
 
 
 
Le patriarcat c'est la domination du masculin au dépend du féminin. Or, vous le savez fidels lecteurs, si le masculin n'est pas articulé au féminin on se retrouve les deux pieds dans la barbarie.
Mais ce qui est rassurant, c'est que même au coeur de la barbarie on peut vivre des moments de grâce...
 
 
 
 
 
Je vous offre un extrait d'une lettre de poilu écrite le 14 décembre 1914:
 
 "(...) le 12 au matin, les Boches arborent un drapeau blanc et gueulent: "Kamarades, Kamarades, rendez-vous."
   Ils nous demandent de nous rendre pour la frime. Nous, de notre coté, on leur en dit autant; personne n'accepte.Ils sortent alors de leurs tranchées, sans armes, rien du tout, officier en tête; nous en faisons autant et cela a été une visite d'une tranchée à l'autre, échanges de cigares, cigarettes, et à cent mètres d'autres se tiraient dessus; je vous assure, si nous ne sommes pas propres, eux sont rudement sals et je crois qu'ils en ont marre eux aussi.
   Mais depuis, cela a changé; on ne communique plus; je vous relate ce petit fait, mais n'en dites rien à personne, nous ne devons même pas en parler à d'autre soldats.
    Je vous embrasse bien fort tous les trois;
 
    Votre fils, Gervais.
 
 
Gervais fût tué à l'âge de 21 ans en mai 1915...
 
11月9日

Des pavés dans la mare...

Le problème c'est qu'il faut être sûr de pouvoir viser juste pour ne pas s'éclabousser soi-même.
 
Ce soir j'ai envie de vous parler de ce désir qui me prend sitôt que je me retrouve en société. C'est d'ailleurs uniquement dans ces moments là que j'éprouve un sentiment de solitude mélé d'une sorte de suffocation. Car lorsque je suis vraiment seule je ne ressens rien de tel et je ne m'ennuie jamais. Comme le dit si bien Christian Bobin "la vie en société c'est quand tout le monde est là et qu'il n'y a personne.".  Et c'est bien là tout le problème: comment peut on oser vouloir mobiliser mon attention sur ce ramassi de fadaises et de parades grotesques dont le seul but est d'être apprécié de tous tout en étant satisfait de s'éprouver normaux, c'est à dire comme les autres, c'est à dire comme personne. 
Enfant, les premiers jeux sociaux que j'ai pu observer était quand mes parents recevaient des invités. A ces occasions, ma mère nous briffait longuement avant, afin que nous parraissions des enfants très bien élevés, ce qui, dans le champs social, voulait dire qu'elle était une excellente mère. Puis, à l'arrivé des invités, j'observais un drôle de rituel: des fleurs pour ma mères avec des politesses en veux-tu en voilà, l'apéritif dans le salon avec les femmes d'un coté qui parlent de chiffons et les hommes de l'autre qui parlent de politique et de technique. Je voyais bien que ces rituels leur plaisaient et que c'était pour eux l'occasion de se sentir dans la norme. Moi, je n'avais qu'une idée en tête: choper des cacaouètes et des olives en douce dès que ma mère tournerait la tête.
Les sociétés qu'il m'arrive de cotoyer aujourd'hui sont des sociétés de "psy"; là aussi j'observe de drôles de rituels, et là aussi on a besoin de se sentir dans la norme. Cotoyer la folie au quotidien est une bonne façon de se donner l'illusion d'être normal, tout en bénéficiant d'une étiquette d'humaniste. Et l'on peut-être vraiment surpris d'y rencontrer un tel pédantisme intellectuel et une telle fermeture à l'altérité. C'est dans ces moments là que l'envie me prend d'éclabousser tout le monde, d'être absolument indécente. Mais je me retiens car je sais qu'au fond les groupes humains ont besoins que quelqu'un vienne incarner la folie pour se sentir normaux.
 
J'ajoute ici deux sketchs des Deschiens qui d'une certaine  façon expriment très bien le grotesque de la vie en société...
 
     
 
 
    
11月1日

Tête chercheuse...

 
La rentrée est sans doute, avec Noël (à Strasbourg uniquement), un des moments que je préfère dans l'année. C'est un peu, à chaque fois comme une rennaissance: on s'inscrit avec joie à des tas de trucs: abonnement théâtre, association de psy gna gna, reprendre ma carte au PS (peut-être que ch'pourrai leur donner des idées...) et tout et tout.
Cette année, j'ai eu la bonne idée de retourner à la fac pour devenir une tête chercheuse...Parce qu'avec mon boulot à plein temps j'étais pas sûr d'être assez occupée...ah! au fait ! je viens enfin de signer un CDI.  Donc, je disais qu'en plus du reste je suis redevenue étudiante car il faut croire que la cancre n'a pas encore soigné son chagrin d'école. Peut-être qu'affublée du titre de Docteur je pourrai enfin me convaincre d'être digne...hum...mais digne de quoi au juste ?. Bref ! vous le savez, on en fini jamais avec ses blessures d'enfance...et peut-être que c'est tant mieux.  
 

 
Chers amis de la toile....je sais, je n'écris plus beaucoup ici, mais cela ne veut pas dire que je ne vous lis jamais et que je ne pense jamais à vous. Figurez vous que ce soir je suis d'humeur à écrire.
 
Aujourd'hui c'est la fête des morts et, je vous le demande, de quels morts parlent on au juste? Car je connais des morts qui respirent et qui font semblant d'être vivants...si si...et ils sont nombreux. Je préfère de loin les vrais morts, ceux qui ont cessé de me pomper l'air. Bon j'exagère un peu, car parmis les vrais morts que je connais il y a ceux qui étaient des vrais vivants comme mon oncle Joseph par exemple. Oncle Joseph était comme on dit un rayon de soleil, sa seule présence démasquait les morts qui jouaient la comédie de la vie. Autant vous dire que sa vie était en danger. Car lui aussi faisait partie du pays des Ogres, mais il n'a pas su en sortir à temps...
 
 
Je joins à ce billet qui parle de renaissance et de mort ce titre qui me fait penser à la vie qui va: celle de mon oncle Joseph qui est passée, la mienne et les votres chers amis de la toile que j'imagine si vivants. Attention la vie est un cadeau mais elle file, elle file très vite et elle éclabousse tous les morts au passage...